Taux d’intérêt élevés, matériaux chers, clients attentistes : le marché se tend, surtout dans le BTP. Voici les leviers commerciaux pour continuer à faire du business — et même prendre des parts de marché.
Taux d’intérêt élevés, coûts des matériaux qui restent hauts, clients qui reportent ou renoncent à leurs projets : le contexte est tendu, particulièrement dans le BTP et la construction. Face à ce ralentissement, beaucoup d’entreprises attendent que « ça reparte ».
C’est justement l’erreur. Quand le marché se contracte, ce ne sont pas les entreprises qui subissent qui s’en sortent, mais celles qui vont chercher l’activité et structurent leur démarche commerciale. Voici comment continuer à faire du business — et même gagner des parts de marché.
Comprendre le nouveau contexte
Deux forces pèsent sur l’activité :
- Les taux d’intérêt élevés renchérissent le crédit, freinent l’investissement et poussent les clients à l’attentisme.
- Le coût des matériaux comprime les marges et complique le chiffrage.
Résultat : moins de projets, des clients plus prudents et une concurrence plus vive sur chaque affaire. Dans ce contexte, l’improvisation commerciale ne pardonne pas.
Vendre la valeur, pas le prix
Le premier réflexe, en marché tendu, est de baisser les prix. C’est le plus mauvais : on rogne des marges déjà fragiles et on entre dans une guerre que personne ne gagne.
La bonne réponse est de vendre la valeur : qualité, respect des délais, garanties, accompagnement, retour sur investissement. Un client inquiet ne cherche pas seulement le prix le plus bas — il cherche la sécurité et la certitude que son projet se passera bien. C’est là que se différencient les entreprises qui savent argumenter.
Aller chercher les segments encore porteurs
Tous les marchés ne ralentissent pas au même rythme. Certains segments restent dynamiques :
- la rénovation et surtout la rénovation énergétique, souvent soutenue par des aides ;
- l’entretien et la maintenance ;
- certains marchés publics et projets subventionnés ;
- les projets à fort retour sur investissement pour le client.
Réorienter une partie de son effort commercial vers ces segments permet de compenser le ralentissement du neuf.
Prospecter plus — et en amont
Quand les projets se raréfient, attendre les consultations ne suffit plus. Il faut détecter les opportunités en amont et créer la relation avant la concurrence :
- structurer une prospection régulière auprès des donneurs d’ordre ;
- développer un réseau de prescripteurs (architectes, MOE, AMO, partenaires) ;
- entretenir la relation dans le temps pour être présent au bon moment.
En marché tendu, l’entreprise qui prospecte activement prend les affaires de celle qui attend.
Aider le client à financer son projet
Un projet reporté n’est pas toujours un projet perdu : c’est souvent un problème de financement ou de timing. Vous pouvez faire la différence en accompagnant le client : information sur les aides disponibles, phasage des travaux, solutions de financement, priorisation des postes essentiels. Lever le frein financier, c’est parfois débloquer la vente.
Protéger ses marges
Avec des matériaux chers, la rigueur commerciale devient vitale :
- un chiffrage précis et actualisé ;
- des clauses de révision de prix dans les devis ;
- la renégociation ou la mutualisation des achats ;
- l’optimisation des postes et des méthodes.
Mieux vaut refuser une affaire non rentable que la signer à perte. La gestion des devis et des marges fait partie intégrante de la performance commerciale en période tendue.
Exploiter sa base clients
En période difficile, vos meilleurs prospects sont souvent vos clients existants : ils vous connaissent et vous font confiance. Réactivation, entretien, nouveaux besoins, recommandation : ce sont les leviers les moins coûteux et les plus rapides. Ne laissez pas dormir votre base pendant que vous cherchez de nouveaux clients.
Structurer pour ne rien laisser passer
Enfin, quand chaque affaire compte, on ne peut plus se permettre d’oublier une relance ou de laisser filer un devis. C’est le moment de structurer : un CRM à jour, un pipeline piloté, des relances systématiques, des indicateurs suivis. En marché porteur, on peut se permettre d’être désorganisé ; en marché tendu, c’est l’organisation commerciale qui sépare ceux qui résistent de ceux qui décrochent.
En conclusion
Taux élevés et matériaux chers ne condamnent pas votre activité : ils récompensent les entreprises qui agissent au lieu de subir. Vendre la valeur, cibler les segments porteurs, prospecter en amont, aider au financement, protéger ses marges, exploiter sa base et structurer son commercial : ce sont ces leviers qui permettent de continuer à faire du business — et de prendre des parts de marché pendant que d’autres attendent.
Concrètement, avant de répercuter la hausse des matériaux sur vos tarifs, mesurez son effet réel sur vos marges et vos volumes avec notre simulateur de hausse de prix.
Chez EOC Consulting, nous aidons les PME et les entreprises du BTP à structurer leur développement commercial pour rester performantes, y compris dans les marchés les plus tendus.
Grégory Tossen
Fondateur d’EOC Consulting
Plus de 15 ans d’expérience en développement commercial : direction commerciale, structuration des ventes, formation des équipes et pilotage de la performance pour les les entreprises du bâtiment. Il partage ici méthodes et retours de terrain.
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